Les Croque-Mitaines #1 – des petits plaisirs d’élites…

Les croque-mitaines, ce sont ces monstres imaginaires présents dans toutes les cultures, destinés à faire peur aux enfants. Ces derniers savent, que s’ils ne sont pas sages, ou s’ils s’aventurent seuls trop loin de chez eux, ils risquent de se faire enlever et dévorer par une de ces créatures.

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Ces croque-mitaines existent bel et bien. Leur nom dans le monde réel, celui qu’emploient les adultes pour les désigner, c’est « prédateur sexuel », ou tout simplement « pédophile ». C’est à eux que sera consacré cette série d’articles. Il ne s’agira pas de dénoncer un phénomène en constante hausse tel que les drames intra-familiaux (près de 80 % des agresseurs seraient des proches) qui sont malheureusement légion. Il s’agira plutôt de pointer du doigt une forme de prédation toute particulière, qui est moins l’œuvre du premier déséquilibré venu, que d’une meute organisée, sadique, perverse et tapie dans l’ombre. Nous parlerons de pédocriminalité de réseau et d’élite. Au fil des articles, nous passerons en revue les différents signes de l’existence de ces réseaux, et surtout quels visages ceux-ci peuvent prendre. Le but de cette série (un nouvel article tous les mois), est d’inciter à la vigilance sur tous les fronts…

Les charniers d’enfants

Ces derniers mois, nous avons beaucoup entendu parler de la journaliste Élise Lucet, pour ses enquêtes / reportages de l’émission Cash Investigation. Mais peu de gens reviennent sur un de ses plus vieux reportages, pourtant devenu tristement célèbre après sa diffusion sur France 3 le 27 Mars 1999, Viols d’enfants : la Fin du Silence. Ce reportage mettait en avant une forme de pédocriminalité alors inconnue du grand public : des cérémonies entre messes noires et partouzes, mettant en scène des viols et des meurtres sauvages d’enfants, sur fond de religiosité satanique, païenne, et sectaire. Un récit d’horreur absolu raconté (et dessiné) par des enfants, qui contraste violemment avec la lenteur des procédures d’enquête et de justice, et ce réflexe qu’ont eu les juristes en charge du dossier de n’y accorder qu’une crédibilité très amoindrie.

Pour ceux qui n’auraient pas la force de tenir toute la durée de ce reportage, très difficile à regarder, voici une reproduction à l’écrit des déclarations les plus troublantes qui ont été prononcées lors du débat qui a suivi sa diffusion :

Martine Bouillon (magistrate) : « Je peux vous dire, ce qui m’a sauté le plus aux yeux – et je ne m’attendais absolument pas à voir ça – c’est que j’ai connaissance d’un gamin qui m’a fait un dessin, exactement le même que le dessin de la gamine… On pourrait peut-être se poser des questions. […] On vient de comprendre que la pédophilie existait, on ne peut pas encore comprendre qu’il existe encore pire que la pédophilie dite « simple », et il y a des gens qui résistent encore de tout leur intérieur. Le juge d’instruction qui dit « c’est tellement inimaginable que ce n’est pas crédible »… celui là résiste encore et résistera toujours. »

    (à la question d’Elise Lucet : « Avez-vous déjà entendu dire qu’il y avait en France des sacrifices et des charniers d’enfants? ») : « A Nice, je ne sais pas. Mais je peux vous dire qu’en région parisienne, j’ai effectivement eu connaissance de charniers d’enfants, et je pèse mes mots. Je n’en dirai pas plus parce qu’il y a une instruction en cours.

    Martine Bouillon est magistrate, et a écrit un livre paru en 1997, intitulé Viol d’Anges. Notons qu’elle a été rappelée à l’ordre par le procureur général de Paris suite à ses propos lors de ce débat. Les investigations quant au charnier d’enfants dont elle fait allusion se sont révélées infructueuses.

Georges Glatz : (à la question d’Élise Lucet « y a-t-il en France des réseaux organisés de pédophilie?) J’en suis totalement convaincu, et d’autres également, bien qu’on essaie de faire croire qu’il n’y a pas de réseau. On entendait encore récemment des magistrats nous dire qu’il n’y avait pas de réseaux. Je crois que pour comprendre le phénomène de la pédophilie, il faut distinguer les trois secteurs. Le premier secteur, c’est la pédophilie classique, l’abus sexuel intra-familial. Il y a aussi ces pédophiles qui s’attaquent à la sortie d’un enfant à l’école, ça se termine souvent tragiquement par la mort de l’enfant parce qu’on ne veut pas laisser de témoin gênant. Troisième forme de pédophilie dite institutionnelle : bien évidemment, j’entends que ceux qui aiment s’approprier les enfants, le corps de l’enfant, vont chercher des professions qui les mettront en contact plus facilement avec des enfants. Ce sont les chefs de scouts, éventuellement les prêtres, les policiers aussi, les magistrats – c’est pas moi qui le dit, c’est un procureur, on reviendra là-dessus – des éducateurs, des assistants sociaux, etc. Parce que c’est la technique du cheval de Troie : quand un pédophile arrive à s’insinuer dans une institution, […] il fait venir d’autres pédophiles. Évidemment, si on veut travailler tranquillement, et en toute sécurité, pour être sûr de ne pas être repéré, on va si possible dans une institution pour handicapés mentaux… […] Je crois qu’il faut envisager le problème des réseaux sous l’angle économique, parce que c’est un marché lucratif. Les cassettes de snuff-movies (les cassettes avec mort d’enfants réelle, ndlr) se vendent entre dix et vingt mille francs suisses. […] Ces cassettes existent, on en a découverts il y a quelques années en Belgique, mais on en parle finalement assez peu dans les médias. […] On a assisté il y a quelques années à ces pédophiles qui allaient en extrême-orient consommer l’enfant, en Asie, à Bangkok… On a trouvé, nous, en Suisse, une agence de voyage qui faisait commerce de ça. Mais ce n’est pas très rentable, parce que, malheureusement, ces pédophiles ne peuvent aller qu’une à deux fois par an jusque là-bas. Donc, si on veut accélérer le marché, et bien on va rapprocher l’objet de consommation du consommateur, à savoir les enfants. Et là, on organise des filières sur le pourtour méditerranéen, notamment dans certains pays comme au Maroc et des centres où vont les pédophiles. Parce qu’on y va avec une heure d’avion, on peut y aller sous le prétexte d’un voyage d’affaires, avec la bénédiction de la famille, puis on revient… […] Effectivement, il y a des réseaux organisés, des structures, où on noyaute une région, où on a ce qu’on appelle des tissus de protection. Par rapport à la magistrature, par rapport à la police, et dans les viviers d’enfants, les institutions. […]

    Notons également que Georges Glatz, suite à ses déclarations, ne fût pas exempts d’ennuis de la part de la justice française.

Le cas Saint-Laurent

L’ensemble de ces témoignages offrent une grille de lecture rétrospective à une oeuvre étrange, publiée en 1967 (32 ans avant le reportage d’Elise Lucet), par le célèbre Yves Saint-Laurent, intitulé La Vilaine Lulu. Une bande dessinée étrange dans lequel le couturier raconte l’histoire de Lulu, petite fille “espiègle”, qui s’ “amuse” en s’adonnant au harcèlement, au sacrifice rituel, au meurtre, à l’enlèvement et au trafic d’enfants, et autres joyeusetés immorales.

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Afin de s’attirer les faveurs de l’être aimé, la vilaine Lulu pratique des sacrifices humains à la déesse Vénus.

Bien que cette bande-dessinée doit être remise dans le contexte d’une époque où le goût pour la provocation à l’encontre des “normes” se généralise (Mai 68 est survenu l’année suivante), il est tout de même étrange de relever que l’image ci-dessus ressemble beaucoup au contenu du témoignage de Pierre et Marie dans le reportage d’Elise Lucet. Une similitude d’autant plus étrange, qu’une note au début de l’ouvrage précise:

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“En outre, toute ressemblance avec des personnes qui existent ou qui ont existé est parfaitement voulue. Toutes ces aventures ont été tirées de faits réels.”

Mais à quels faits réels Yves Saint-Laurent fait-il allusion? N’est-ce qu’une mauvaise blague, ou la Vilaine Lulu cache-t-elle une réalité sordide dont YSL était au courant?

Les révélations effectuées ces dernières semaines par Fabrice Thomas, un ex-amant du couturier, à l’occasion de la sortie de son livre Saint-Laurent et Moi – une Histoire Intime aux éditions Hugo Documents, confirment les moeurs étranges du couple Saint-Laurent / Pierre Bergé, surtout celles de ce dernier. Le besoin de domination de l’homme d’affaires, ses esclaves sexuels, ses parties fines à Marrakech, son sado-masochisme… Fabrice Thomas raconte tout dans les moindres détails, et évoque également avoir été témoin d’actes de pédophilie au Jardin Majorelle, au Maroc…

“L’intendant agenouillé devant un adolescent prépubère debout devant lui, nu comme un ver. Tenant ses fesses à pleines paumes, il suçait avidement l’enfant qui se laissait faire en regardant en l’air, tenant à la main un billet.”

“C’est toléré, ce genre de choses ?”, demande-t-il le soir même au couturier. “Oh… Dans la palmeraie, il se passe bien plus de choses encore. Les autorités préfèrent faire comme si elles ne savaient pas. Et pourtant, tout le monde sait, évidemment.” Effaré, Fabrice Thomas insiste : “Mais là, ça se passe chez toi ! C’est un de tes employés qui fait ça avec un gamin…” Réponse de Saint-Laurent : “Pas chez moi, non. Le Jardin Majorelle est public.” Dans son livre Lettres à Yves (Gallimard), Pierre Bergé se souvenait aussi : “Comme ils étaient gentils et beaux, ces garçons marocains ! Ils jouaient tous au football, avaient le corps musclé. On avait avec eux des rapports qui ne sentaient ni l’argent ni la vulgarité.”

Fabrice Thomas interrogé par la télévision québécoise:

Voici ce que l’ancien chauffeur et amant de YSL déclare à propos de feu Pierre Bergé: “D’autres révélations vont être faites dans le futur, ça s’est sûr. Quand on parle de Dominique Strauss-Kahn ou de Harvey Weinstein, croyez-moi c’étaient des enfants de chœur à côté de lui.

Affaire à suivre, donc…

Auteur : mathieucjvergez

Musicien, étudiant en journalisme et apprenti pamphlétaire. Atteint de populisme aigu.

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